Entre-nous François LEYGE

Conservateur en Chef du Patrimoine, Chevalier des Arts et des Lettres

François LEYGE Millau

Quels sont les éléments marquants qui jalonnent votre carrière ?
Je suis né à Lyon où j’ai fait mes études secondaires et universitaires. En 1975, j’ai commencé ma carrière en tant que conservateur adjoint au musée archéologique de Lyon. Après y avoir travaillé durant 16 ans, j’avais envie de changement et c’est un formidable défi qui m’a été proposé, reprendre au vol le projet du futur musée de Saint Romain en Gal. Ce fut une aventure formidable, un projet de grande envergure avec les architectes Chaix et Morel. Cinq années de travail pour aboutir en 1996 à l’ouverture d’un musée de 12000 m2 sur un site archéologique remarquable au bord du Rhône.

Une fois les premières années d’ouverture réussies, j’ai éprouvé le besoin de me détacher de ce projet auquel j’avais consacré beaucoup d’énergie. Le Musée de Millau, ses collections de paléontologie, de ganterie, mais aussi les potiers de La Graufesenque, la possibilité d’organiser des expositions temporaires d’art Contemporain m’offrait une opportunité d’élargir mes horizons, sans abandonner l’archéologie. Et puis, après mon arrivée à Millau en 1999, le Maire, Jacques Godfrain, m’a proposé le poste de Directeur des affaires Culturelles et de piloter le projet de la Maison du Peuple…

D’où vous vient cette passion pour l’art contemporain ?
Sans être ma première rencontre avec l’art contemporain, je me souviens du choc esthétique et émotionnel que j’ai ressenti en découvrant une peinture monumentale, du peintre d’origine chinoise Zao Wou-ki, exposée dans le hall de l’école Normale Supérieure de Lyon. J’ai éprouvé le désir de partager, de montrer de l’art contemporain, notamment aux jeunes, simplement pour ouvrir leur esprit sur le Monde…

Quels souvenirs d’exposition à partager ?
Parmi les grandes expositions, je me souviens de celle consacrée à Tapiès, ou l’exposition des oeuvres d’Olivier Debré. Un Millavois qui possédait deux tableaux de l’Artiste m’avait dit « Debré à Millau ? Si vous y arrivez, je vous paye des cacahuètes… » Nous y sommes arrivés. Et puis il y a eu l’exposition « Homme d’argile Homme fragile » où nous avons pu présenter les Lutteurs d’Ousman Sow.

François LEYGE Millau

L’installation de l’oeuvre fut délicate : l’engagement que nous avions vis-à-vis du prêteur interdisait l’ouverture de la caisse de transport à l’extérieur du musée. Arrivés devant la porte, nous savons que la caisse principale ne passe pas. Là, mes collègues du musée me voient avec effroi découper la porte à la scie à métaux en se disant : il est complètement timbré. Il n’était pas question que l’exposition ne se fasse pas.

Quels sont vos projets de jeune retraité ?
À part bichonner mes vieilles Alfa-Romeo, je vais partir pour un tour de France par étapes en 4 ans pour découvrir tous les lieux où je ne suis jamais allé, le Pic du midi, le Mont- Saint-Michel, la place d’armes de
Valenciennes… Un autre projet, le chemin de Saint-François, à pied jusqu’à Assise, par tronçons : je ne partirai pas deux mois entiers, parce que j’ai une épouse et aucune envie de ne pas la trouver en rentrant ! (rires).

Questions/Réponses

Au sein des collections du musée, votre pièce préférée ? Un denier en argent romain trouvé sur le camp militaire du Larzac.
Votre plus beau souvenir de spectacle : « Massacre à Paris » de Christopher Marlowe, mis en scène par Patrice Chéreau pour la réouverture du TNP de Villeurbanne en 1972.
Vos auteurs préférés : Pierre Drieu la Rochelle et Albert Camus
Une qualité : l’impatience
Un défaut : l’impatience
Votre vin préféré ? Un beau Bourgogne de Gevrey-Chambertin